• Hernan Cortès, Mexico, 13 août 1521…

    by  • 11 juillet 2018 • Jadis ou naguère • 0 Comments

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    Hernan Cortès, Mexico, 13 août 1521…

    Lettre de Cortez à l’empereur Charles-Quint en 1519 : « Tenochtitlan, ou Mexico, est située au milieu d’un immense lac. Si on veut y aller sur la terre ferme, il y a au moins deux lieues d’eau à traverser sur quatre chaussées d’environ vingt pieds de large. Mexico contient plusieurs grandes places qui servent de marché. Il y en a une entre autres plus grande que la ville de Salamanque, entourée de portiques où plus de soixante mille personnes achètent et vendent continuellement toutes espèces de marchandises, des comestibles, des vêtements, des bijoux d’or et d’argent, de plomb, de laiton, de cuivre, d’étain, de pierres, de coquillages, de plumes. On y vend des pierres brutes, taillées. On trouve une maison de chasse où l’on vend toutes sortes de gibiers, d’oiseaux. Il y a dans Mexico une rue d’herboristes où l’on vend toutes sortes de plantes et d’herbes médicinales connues, il y a des apothicaires qui vendent des médecines toutes prêtes ; il y a des barbiers, des traiteurs où l’on donne à boire et à manger ; il y a toutes sortes de nattes pour les lits, on trouve toutes espèces de légumes et de fruits ; on y vend de la cire, du miel, une espèce de vin fait avec des plantes de sucre, on y vend des peaux de cerfs de toutes les couleurs, des faïences. Et tout cela dans le plus grand ordre. Il y a dans les différents quartiers de Mexico de superbes édifices ou temples destinés au culte des idoles… »

    Pourquoi avoir détruit Tenochtitlan ?

    Pourquoi, pourquoi avez-vous détruit tout cela, Hernan Cortès ? Vous écrivez votre émerveillement devant le spectacle de la ville de Mexico dans cette lettre à votre empereur espagnol Charles-Quint, une ville calme, paisible, ordonnée, riche de tout, ornée de palais, parcourue de barques légères sur ses mille canaux, une ville de silence feutré, de parfums et de fleurs, une ville de couleurs, de lumière, si proche du bonheur. Bien sûr, une ombre passe sur ce paradis : les sacrifices humains rituels ; mais que dire de nos guerres atroces… Pourquoi avoir détruit tout cela, Hernan Cortès ? Deux ans après votre arrivée, après une résistance farouche des Aztèques dans leur ville, deux ans après vos émerveillements, il ne reste que cendres, cadavres et odeurs pestilentielles dans cette ville qui fut heureuse !

    Veracruz

    Cortès né en Espagne, y travaille d’abord chez un notaire. Puis il s’embarque vers Hispaniola (Haïti) puis Cuba en 1511. Il y soumet des Indiens rebelles, en emploie comme esclaves, protégé par le gouverneur de l’île, Diego Velasquez. Mais Cortès a soif d’aventure et part vers le Mexique à la tête d’une expédition de 11 navires, huit cents hommes, trente-deux chevaux et une vingtaine de canons. Il longe les côtes mayas où il rencontre celle qui va devenir sa femme et son interprète : dona Marina, dite la Malinche. Près de Cempoala, il fonde la ville de Veracruz. Puis se dirige vers Mexico où l’attend l’empereur Montezuma II qui a tout fait pour éviter son arrivée, lui offrant or et bijoux pour qu’il reparte. Sans succès. Cortès a soif de richesses et de puissance. Il remarque que les peuples qu’il rencontre ne supportent plus la domination des Aztèques. Après avoir été reçu magnifiquement par Montezuma, il va le faire prisonnier en son palais, mais il doit partir précipitamment pour Veracruz où une expédition est envoyée contre lui par Velasquez. Il la vainc, mais à son retour, il est piégé avec ses hommes dans Mexico, Montezuma est tué.

    La Noche triste, le 30 juin 1520

    Cortès doit se résoudre à la retraite. C’est le 30 juin 1520, la Noche Triste, la nuit triste, celle où les Aztèques faillirent vaincre et assassiner Cortès. Mais il parvient à s’enfuir, à rassembler les peuples révoltés et à leur faire encercler Mexico avant d’investir et de détruire cette ville de légende. Le 13 août 1521, le dernier empereur aztèque, Cuauhtémoc se rend. Cortès le fera tuer en 1525. Cortès repart en Espagne, revient au Mexique où il devient un homme d’affaires exploitant les Indiens dans les mines d’or et d’argent. Il décide de revenir de nouveau en Espagne où il meurt près de Séville, fortuné mais amer de ne pas avoir obtenu les responsabilités et les honneurs auxquels il estimait avoir droit.

    Aujourd’hui…

    Aujourd’hui, au centre de Mexico, la grande « cathédrale métropolitaine » construite sur les ruines du Grand Temple de Montezuma – le Templo Major -, s’enfonce et se désunit doucement dans le sol mouvant de l’ancienne cité disparue, dans le souvenir de Tenochtitlán, de ses fleurs et de ses parfums, de ses marchés tranquilles, de la course silencieuse de ses barques dans les matins de brume. Et, tout près, dans le Mexico d’aujourd’hui, à l’Hôpital de Jesus, transportés de Séville, reposent les restes de celui qui effaça de la mémoire humaine l’étrange et fascinante civilisation aztèque : Hernan Cortès.

     

    Non fue trionfo ni derrota…

    Place des Trois Cultures à Mexico, figure cette inscription sur les ruines du temple de Tlatelolco où se rendit le dernier empereur aztèque :

    El 13 de Agosto 1521, heroicamente defendido por Cuauhtemoc cayo Tlatelolco en poder de Hernan Cortès

    Non fue triunfo ni derrota. Fue el doloroso nacimiento del pueblo mestizo que es el Mexico de hoy.

    Le 13 août 1521, héroïquement défendue par Cuauhtémoc, Tlatelolco tomba aux mains de Hernan Cortés.

    Ce ne fut ni un triomphe ni une défaite, mais la naissance douloureuse du peuple métissé qui est celui du Mexique d’aujourd’hui.

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